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N°420 - Janvier/février 2013
Oser l’export
De retour d’un de mes nombreux voyages en Asie, je me rends compte une nouvelle fois de l’incroyable paradoxe dans lequel évoluent nos industries et mentalités. Ici on parle de crise, alors que le mot mutation devrait plus sagement être utilisé, on menace de fermer des sites complets et faire disparaître le tissu social et industriel associés… Là-bas c’est l’effervescence, les usines s’agrandissent ou se créent à une cadence qui ressemble sans doute à ce que nos parents ont connu pendant les « 30 glorieuses ». L’eldorado qui bouillonne à moins d’une demi-journée d’avion de Paris nous tend les bras.
Toutes les études démontrent que les entreprises exportatrices résistent beaucoup mieux aux crises économiques… Certains de nos voisins l’ont compris bien avant nous et « chassent en meute » désormais. Hors nous avons aussi nos talents, nos produits sont appréciés au point qu’un de nos constructeurs de fours n’hésite pas à inscrire « made in France » sur ses équipements. Bien sûr, il ne s’agit pas de se lancer à corps perdu dans l’aventure de l’export mais de redoubler d’énergie, identifier ses forces et faiblesses, le marché le plus pertinent à prospecter, sélectionner le partenaire le plus fiable et la procédure adéquate. Il est vrai que le monde est vaste et qu’une PME a le droit de craindre les difficultés liées aux barrières linguistiques ou culturelles, au coût des opérations de prospection etc... Se poser ces questions, c’est déjà faire un pas vers une démarche constructive car, bien évidemment, elles ne peuvent pas être occultées. Je dirais même que je ne connais pas de PME ayant en son sein, la compétence pour aborder seule ces marchés. Hors il se trouve que notre pays met à disposition dans nos villes des organismes comme les Chambres de commerce qui disposent de bases déportées dans la plupart des capitales étrangères. Chacune d’entre-elle est prête à vous présenter un panel de partenaires (licenciés, agents, distributeurs…) sélectionnés à partir de votre cahier des charges et d’une analyse fine de votre problématique effectuée chez vous, par votre agence locale. Vous n’aurez plus qu’à les évaluer et faire votre choix… Les grands succès d’ECM Technologies à l’export sont tous le fruit d’une démarche volontariste et structurée. Ce que nous avons appris est qu’il ne faut jamais faire une confiance aveugle au hasard, la rencontre miraculeuse sur un stand de congrès est rarement le meilleur choix. Pire, il faudra plusieurs années pour se rendre compte que cet investissement n’était pas le bon. Outre votre argent évaporé, ce sont des parts de marché, peut-être stratégiques, que vous aurez laissé à vos concurrents. Osons donc l’export mais dans une démarche structurée pour qu’à chacune des étapes, nous ayons le sentiment d’avoir posé la meilleure des pierres. Je vous souhaite une très heureuse année 2013, toutes voiles gonflées vers le grand large !Alfred Rallo Directeur commercial d’ECM Technologies, Directeur d’ECM China
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N°419 - Décembre 2012
Les moteurs de l’innovation industrielle
Innovation… Ce mot évoque spontanément des technologies de ruptures ou des produits high-tech. Mais dans la vraie vie industrielle, on ne fait pas un saut technologique tous les six mois, on ne révolutionne pas le marché tous les ans et pourtant, on innove quotidiennement. On innove dans les produits, mais plus encore dans les procédés. Comment moins polluer, réduire les coûts, accroître la performance du produit, répondre à tel nouveau marché ? Voilà les questions auxquelles l’industrie doit continuellement répondre, voilà ce qui l’oblige à une activité intellectuelle intense et perpétuelle, voilà les moteurs de l’innovation au quotidien. Et voilà pourquoi, malgré maintes difficultés, travailler pour l’industrie est passionnant. Parmi les sujets traités dans le dossier du dernier numéro de l’année 2012 : la combinaison des traitements de surface. « Combinaison », un mot à la source de bien des innovations. Comment combiner les performances fonctionnelles, économiques et environnementales d’un traitement ? En attendant une fantasmatique solution unique et miraculeuse, il faut combiner, croiser, adapter les traitements au plus près du besoin. Ceci implique aussi une définition de plus en plus précise de ce besoin, une personnalisation plus poussée des traitements et à toutes ces étapes, de l’imagination et de l’innovation. Autre exemple : le développement d’une « méthode de caractérisation simple et rapide basée sur l’essai standard de dureté par pénétration ». « Simple » et « standard »… a priori pas très glamour et incongru quand on parle d’innovation. Et pourtant, inventer un procédé « simple et standard » pour rendre compte d’une réalité complexe, voilà qui est innovant ! Et il est certain que ce développement a mobilisé l’imagination et la passion nécessaires à toute innovation. Dans le premier cas on crée un procédé complexe. Dans le second cas on simplifie. Dans tous les cas on innove. Ces deux exemples sont emblématiques de l’innovation continue en œuvre dans nos usines, loin des feux de la rampe. à l’heure où, enfin, on redécouvre la nécessité impérieuse d’une industrie forte et performante et où le mot « innovation » est scandé comme la martingale qui viendra à bout de toutes nos difficultés, il est opportun de donner un coup de projecteur sur quelques procédés innovants qui contribuent, quoiqu’on en dise, à maintenir notre industrie à un haut niveau.
Jean-Marc Popot, directeur général CRITT-MDTS.
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N°418 - Octobre/novembre 2012
L’environnement, moteur de l’innovation
Lorsque l’on parle de traitements de surface on fait appel à de multiples domaines et technologies visant à modifier les propriétés surfaciques des matériaux traités. Chaque domaine regorge de créativité pour s’adapter aux évolutions des besoins de l’industrie et à celles des contraintes législatives qui encadrent ces activités. Un des moteurs de l’innovation est alimenté par les contraintes environnementales qui poussent les industriels du secteur à adapter les procédés existants pour les rendre moins polluants. Ces contraintes incitent également les industriels à développer des technologies et des procédés produisant peu d’effluents. Parallèlement, des dépôts de nouveaux matériaux sont mis au point ou se démocratisent afin d’améliorer le rendement des systèmes mécaniques et de prolonger la durée de vie des composants pour réduire les émissions de polluants et de déchets. Pour les applications mécaniques, l’ajustement des propriétés en sous-couche fait également partie des gisements d’innovation avec notamment un certain nombre de travaux portant sur l’optimisation du couplage entre des traitements thermiques ou thermochimiques et des traitements de surface. Ce numéro de Traitements & Matériaux vous permettra de vous faire une idée de ces évolutions au travers du compte-rendu du congrès A3TS qui s’est déroulé les 6 et 7 juin derniers à Grenoble. Vous retrouverez également des articles illustrant la tendance, avec l’émergence des revêtements DLC à haute adhérence ou les études visant à mieux cerner l’intérêt tribologique des nitrocarburations. Vous pourrez également vous pencher sur les perspectives qu’offre le procédé de projection plasma de suspension. Bonne lecture.
Stéphane Chomer, directeur technique, Thermi-Lyon
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N°416 - Mai/juin 2012
L’innovation, la clef du succès
À l’ère de la réduction de la consommation d’énergie, les fours ne sont pas épargnés et évoluent de façon permanente pour s’adapter aux contraintes économiques et environnementales toujours plus fortes. La recherche de performances accrues associée à la baisse de la consommation énergétique reste un des axes de développement majeur qui permettra à nos entreprises de rester compétitives face à la concurence mondiale. Le marché de la fibre optique illustre fortement cette voie. Les fours semi-continu « traversants » - chauffés par induction à 2 100 °C par rayonnement thermique sur une préforme de verre de différents indices pour former la fibre - ont vu leur consommation énergétique réduite de 18 à 23 % selon la gamme. L’utilisation de nouveaux matériaux isolants et une conception améliorée par simulation numérique ont permis ces avancées. Les technologies traditionnelles avec des fours résistifs, des fours à gaz, ou encore les technologies par induction qui permettent de limiter la consommation énergétique au juste nécessaire suivent le même élan. La fusion, le chauffage avant forgeage, la préchauffe, la cémentation, la nitruration, les traitements sous vide, le frittage, le traitement thermique (recuit, revenu ou trempe), le brasage, l’élaboration de matériaux complexes ou encore la purification des matériaux font partie des applications des fours les plus courantes. Mais la liste est loin d’être exhaustive et les demandes, de plus en plus exigeantes pour des produits de plus en plus performants, conduisent à élargir les champs d’applications et à développer de nouvelles technologies. Certaines technologies encore très peu connues telles que les fours à plasma d’induction ont un avenir prometteur pour l’élaboration de matériaux de haute pureté. Une même volonté anime les innovations : l’augmentation de la qualité des pièces produites dans les fours et la diminution des coûts de production dans le respect toujours plus fort des contraintes environnementales et des conditions de travail. Les procédés sont de plus en plus pointus afin d’optimiser les rendements. Les matériaux sont améliorés et ajustés plus précisément aux besoins réels. La mixité des solutions technologiques est une dynamique d’avenir. L’association de technologies différentes sur une même étape pourrait conduire dans certains cas, à gagner en productivité et à améliorer les performances globales des procédés. Une plus large utilisation du chauffage par induction en association avec des fours sous vide permettrait de bénéficier des avantages spécifiques de l’induction tels que la rapidité de chauffage et la localisation précise de la chauffe. Le monde des fours industriels est en évolution permanente, le succès de nos entreprises dépendant avant toute chose de leur capacité et celle de nos laboratoires de recherche publics ou privés à développer des solutions innovantes en phase avec les besoins des marchés.
Guillaume Lecomte, responsable R&D, département Procédés & Solaire, EFD-Induction
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N°415 - Mars/avril 2012
« Savoir, c’est prévoir pour agir »
En ouvrant les pages de cette revue professionnelle, vous avez choisi de consacrer du temps à la lecture de Traitements & Matériaux et vous avez raison. Une enquête réalisée fin décembre par l’Ifop pour le compte la Fédération nationale de la presse d’information spécialisée (FNPS) souligne en effet la très forte valeur d’usage de la presse professionnelle. Ainsi, 89 % des lecteurs interrogés ont jugé les médias professionnels « utiles dans l’exercice de leur métier », alors qu’ils sont 78 % à leur attribuer un véritable rôle de formation. Par ailleurs, 92 % des sondés ont affirmé que la presse professionnelle est « crédible et fiable », alors que la presse dans son ensemble n’est jugée « fiable » que par 51 % des Français, selon le baromètre La Croix/TNS. Une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, si la crédibilité globale de l’information sur le web demeure faible (37 % selon La Croix/TNS), elle atteint 94 % pour les sites de presse professionnelle, selon l’étude FNPS/Ifop. L’utilité des informations délivrées par un média professionnel ne fait donc aucun doute pour ceux qui le lisent. Pourtant, certains d’entre vous ne sont pas encore abonnés au magazine que vous tenez entre vos mains et ne peuvent donc accéder aux services qui leur sont réservés sur le site www.traitementsetmateriaux.fr. Alors que nous entamons, avec l’A3TS *, une vaste campagne d’abonnement auprès des professionnels du métier, il nous a semblé utile de vous rappeler qu’en rejoignant nos fidèles abonnés, vous réaliserez un choix judicieux pour votre réussite professionnelle et le développement de votre entreprise. Un investissement pertinent à valeur ajoutée, encouragé par cette citation du philosophe Henri Bergson : « savoir, c’est prévoir pour agir ».
Jean-Christophe Raveau, directeur de publication
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N°414 - Janvier/février 2012
Regarder l’avenir avec confiance
Nous abordons cette année 2012 en plein paradoxe. Il n’est pas un jour sans qu’on nous rappelle la récession dans laquelle l’industrie française devrait plonger en 2012. Et pourtant beaucoup d’éléments doivent nous amener à regarder avec confiance au-delà. Toutes les économies font face à de formidables défis dont une demande mondiale d’énergie en forte croissance et une irrépressible croissance de la demande de transport. Dans le même temps, les contraintes associées au réchauffement climatique et à la rareté des ressources énergétiques et de matières premières imposent une réorientation du modèle de développement économique, industriel et sociétal vers une gestion raisonnée des ressources naturelles. Face à ces enjeux, les technologies des matériaux et de leurs traitements vont vivre une véritable révolution. L’industrie aéronautique a déjà engagé la sienne, l’industrie automobile nous a présenté lors du Cimatts dernier à Metz les enjeux matériaux et traitements à l’horizon 2020. C’est l’ensemble des composants et systèmes de nos véhicules qui vont ainsi être revisités pour aller vers un mix matériau qui fera la part belle aux alliages légers, thermoplastiques et composites. évoquons aussi le programme français de création d’une filière de production pour les EMR - énergies marines renouvelables. Renforcement des propriétés mécaniques combiné avec allègement généralisé, amélioration de la protection anticorrosion, réduction des frottements générateurs de déperdition d’énergie, assemblages de matériaux hétérogènes, réduction de l’impact environnemental dans les procédés sont ainsi devenus le langage commun des centres de recherche, bureaux d’études et cellules d’industrialisation. L’industrie française et ses filières d’excellence – énergie, aéronautique, transports terrestre - possède de solides atouts pour jouer un rôle dans cette révolution des matériaux. Mais l’ampleur des challenges technologiques qui sont devant elle et l’imminence des échéances imposent une mutualisation des ressources et une approche collaborative entre les acteurs : grands donneurs d’ordres, ETI (entreprises de taille intermédiaire) et PMI, industrie et filières de formation, centres techniques et organismes de recherche. Saluons ainsi la création des deux IRT « M2P » et « Jules Vernes » portés respectivement par les pôles Materalia et EMC2. Un facteur clé sera la capacité de ces filières à attirer des talents, ingénieurs et techniciens, pour réaliser les programmes d’innovation et de développement technologiques. Les entreprises doivent largement communiquer vers les jeunes et les étudiants autour des carrières et des formidables aventures industrielles qu’elles proposent. Rarement dans le passé autant d’industries n’ont eu devant elles des défis technologiques de cette ampleur. Sachons exploiter ces opportunités pour en faire l’un des moteurs de la croissance française.
Pierre Bruchet, vice-président de l’A3TS
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N°413 - Décembre 2011
Midest 2011 : des sous-traitants vigoureux
Le Midest s’est déroulé du 15 au 18 novembre, avec un bilan positif malgré l’ambiance et le pessimisme macro-économique actuels. Les indicateurs statistiques, le nombre de visiteurs et de donneurs d’ordres venus avec des projets fermes sont en progression. Quant à la présence de nombreux officiels dont MM. Eric Besson, ministre chargé de l’industrie, Bernard Accoyer, président de l’Assemblée Nationale, et Jean-Claude Volot, médiateur de la sous-traitance, elle a su montrer l’importance que les pouvoirs publics portent au secteur de la sous-traitance. Concernant l’UITS, le village traitement des matériaux réunissait les différents métiers représentés par le syndicat professionnel, traitement thermique, dépôt, peinture et voie humide pour les applicateurs mais aussi des fournisseurs de matériel de peinture et à l’extérieur du village pour la première fois l’ensemble des formulateurs de produits chimiques. Le nombre des exposants drainés par la dynamique de l’UITS est en augmentation de plus de 50 % par rapport aux éditions précédentes. Ce village était à proximité des autres syndicats de la sous-traitance et des deux partenaires naturels du syndicat, complémentaires de son action, la Fim et le Cetim. Cette offre complète de services s’est traduite par un nouveau visitorat venu chercher des solutions innovantes aux problèmes posés par l’économie et les règlementations. Cette réussite est expliquée par Jean-Claude Monier, président de la société Thermi-Lyon et du Midest : « le succès rencontré par cette édition 2011 n’est, lorsqu’on y réfléchit, guère étonnant malgré le contexte économique et financier préoccupant que nous connaissons. Les sous-traitants en général, et français en particulier, ont réagi vigoureusement à la crise de 2008 en développant simultanément quatre grands chantiers intimement liés : la recherche en innovations, la mise au point de nouveaux produits, l’implantation sur d’autres secteurs et la quête de marchés à l’international. à cela s’ajoute la capacité qu’ils ont acquise à gérer les cycles économiques et à préserver leurs fondamentaux : leur personnel qualifié et leur outil de production. Le succès de cette édition reflète ainsi la réussite d’une sous-traitance à la fois dynamique, réactive, décomplexée et qui passe (malheureusement) quasiment systématiquement sous les radars d’analystes aveuglés par la macro-économie ». En conclusion, excellente édition qui a permis aux adhérents de l’UITS présents, la prise de commande sur le salon ; fait qui s’était raréfié les années précédentes.
Denis Théry, délégué général UITS
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N°412 - Octobre/novembre 2011
On peut être « lourd » et agile !
La métallurgie est considérée comme une industrie « lourde », les traitements thermiques comme de « vieux » procédés, ce qui peut notamment expliquer leur faible attractivité vis-à-vis des étudiants et candidats. Remercions donc les manifestations comme le congrès A3TS 2011 de Nantes qui a montré toute la vitalité de ces secteurs, que ce soit au niveau des nouveaux matériaux, des traitements thermiques et de surface ou des revêtements. Ces secteurs ne sont pas seulement « lourds » par leurs investissements mais aussi et peut être surtout par l’impact qu’ils ont sur beaucoup d’autres secteurs d’activité. Le domaine des transports a besoin d’allègement et de performance pour réduire notamment ses émissions, l’énergie de matériaux et revêtements résistants à des températures toujours plus élevées pour une meilleure efficacité énergétique, sans citer l’industrie chimique, le médical, la construction... Que proposent les fournisseurs de matériaux et les acteurs des traitements thermiques et des traitements de surface pour répondre à ces enjeux ? Des solutions de plus en plus complètes intégrant à la fois l’optimisation du matériau de base, de ses traitements dans la masse, de ses opérations d’usinage, de mise en forme et d’assemblage ainsi que de ses différents traitements de surface. On voit par exemple se multiplier les traitements duplex, comme les traitements thermochimiques réalisés avant dépôt ou pré-traitements mécaniques avant traitements thermiques/thermochimiques. On obtient alors un véritable gradient de propriétés, chaque partie du matériau (cœur/interface/surface) remplissant au mieux une fonction donnée. Ces solutions globales impliquent des collaborations de plus en plus poussées tout au long de la chaîne de valeur, du producteur du matériau au client utilisateur final. Les performances requises ne peuvent être atteintes qu’avec des compromis plus globaux, arbitrés par l’efficacité coût-performance finale et avec des contraintes de temps toujours plus fortes, d’où la nécessité d’être agile. L’importance des enjeux, la richesse des compétences et de leur partage, les formidables opportunités des technologies démontrent bien l’attractivité de nos métiers de plus en plus agiles bien que « lourds » !
Tony Prézeau, Directeur Recherche et Innovation, Winoa
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N°411 - Août/septembre 2011
Le contrôle n’est pas une sanction mais plutôt une ouverture
Depuis la plus tendre enfance, le contrôle est synonyme d’examen et qui dit examen sous-entend inéluctablement risque d’échec et donc de sanction. Hors, cette phase est impérative et doit au contraire être retenue comme une opération positive dans un processus de qualité. Quoi de plus valorisant que de pouvoir prouver par le contrôle la qualité de son savoir-faire. Les procédés d’élaboration des matériaux devenant de plus en plus pointus, les techniques et les cadences de contrôle de plus en plus sévères, la regrettable réduction des effectifs qualifiés en laboratoire ou encore la délocalisation des moyens de production font que le matériel de préparation doit être fiable, robuste et de haute technicité. Nos industries travaillant de plus en plus à flux tendu doivent être capables, en interne, de s’assurer via le contrôle que la production est conforme au cahier des charges du client. à l’heure où la non-conformité chez le client occasionne des arrêts de chaine de production, il est inconcevable de ne pas contrôler en continu toutes les opérations transformant les caractéristiques des matériaux. Le contrôle va aussi par exemple démontrer qu’un nouveau traitement ou qu’un nouveau moyen de production atteint parfaitement ses objectifs couronnant ainsi l’effort d’innovation et d’investissement de l’entreprise. Mais il y a plus… Le contrôle est aussi un fantastique moyen d’ouverture aux autres. Quiconque voudra s’ouvrir à de nouveaux marchés devra démontrer son savoir-faire d’un point de vue technique mais aussi en termes de régularité. De là, point d’alternative : le contrôle sera le fer de lance de son ouverture aux autres et aux nouveaux marchés. De nombreuses sociétés ne s’y sont pas trompées et reproduisent d’ailleurs leurs laboratoires haut de gamme dans des pays où la fabrication est plus aléatoire que sur notre continent. Alors n’hésitons pas, investissons dans le contrôle et faisons de nos laboratoires une des magnifiques vitrines de nos entreprises.
Guillaume Jaillette, responsable laboratoire, Presi
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N°410 - Mai/juin 2011
Temps de printemps !
Averses. Il est prévu de supprimer des classes de BTS Traitements thermiques à la rentrée prochaine. Il est difficile de les maintenir quand il n’y a pas d’élèves candidats pour les remplir. Même si les médias ne cessent d’expliquer que l’Inde et la Chine produisent beaucoup plus d’ingénieurs et de personnes qualifiées que nous, prêts à travailler pour des salaires bien plus faibles que les nôtres, que de toute façon la croissance est là bas… Nous avons des atouts à faire valoir. Notre passé industriel est riche et nous fournit des bases solides pour inventer et développer les technologies de demain. Les limites des ressources en termes de matières premières et les besoins en termes de développement durable nous obligent à définir au mieux les matériaux, leur mise en œuvre, l’utilisation qui en est faite et leurs possibilités de recyclage. Nous devons continuer à développer nos industries, nos technologies, et c’est ce que nous faisons chaque jour en recherchant les solutions permettant de diminuer les mises au mille, d’améliorer les caractéristiques, d’alléger les systèmes, d’accroître les rendements… Il n’y a pas contradiction entre industrie et progrès ! Et il y en a encore tant à faire. Pour pallier au désintérêt des jeunes pour nos filières industrielles, nous avons aussi des outils. L’apprentissage et la formation en alternance sont des moyens qui nous permettront de faire face aux difficultés actuelles. éclaircies. Les Instituts de recherche technologique viennent d’être officialisés : le gouvernement leur consacrera 2 milliards d’euros (issus de l’emprunt national), les industriels devant « doubler la mise ». Ces centres de recherche regrouperont sur des sites communs, avec des équipements communs, des industriels et universitaires. L’innovation, la formation, la mutualisation des moyens et des compétences, la valorisation des résultats de recherche font partie de leurs missions. Les IRT * doivent permettre d’améliorer considérablement l’efficience des recherches : réactivité face aux attentes des industriels grâce à la concentration de moyens et de compétences et déploiement industriel des résultats obtenus en recherche facilité grâce au partage des connaissances acquises. à nous de relever le challenge des IRT, de profiter de cette belle opportunité pour continuer à développer et faire évoluer les matériaux, leur mise en œuvre, leur utilisation et leur recyclage.
* Les IRT de Metz et de Nantes seront dédiés aux matériaux.
Claude Maillard-Salin, coordination du développement des produits nouveaux, Ascométal
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