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Formnext : la fabrication additive de retour à Francfort

La communauté de la fabrication additive se donne rendez-vous sur le salon allemand Formnext, à Francfort, du 19 au 22 novembre 2024. Près de 790 exposants, dont une cinquantaine de Français, et 30 000 visiteurs y sont attendus dans les quatre halls réservés pour l’occasion.

« Les bons chiffres d’inscriptions à Formnext reflète la pertinence de la fabrication additive pour l’ensemble du secteur » se réjouit Sascha F. Wenzler, vice-président du salon Formnext. Après le trou d’air de 2020, qui a vu l’annulation du salon, exposants et visiteurs sont revenus au point de dépasser les chiffres de 2019.
La présence internationale des exposants demeure majoritaire, avec 60% d’exposants hors Allemagne à ce jour. Les Français comptent 50 exposants à ce jour, soit 3,7% du total. Le secteur français de la fabrication additive n'a jamais été aussi bien représenté sur le salon. Cela reflète également le développement réussi du secteur de la FA en France, qui compte désormais parmi les principaux acteurs mondiaux.
Dans l'ensemble, le secteur français de la fabrication additive affiche un portefeuille d'offres très diversifié tout au long de la chaîne de production : outre les points forts que sont les matériaux, les domaines des logiciels, de l'ingénierie, du post-traitement ainsi que des services de FA sont également représentés.
Parmi les exposants, on retrouve de nouveaux venus comme 3DS Dassault Systèmes, l’IREPA laser ou KPL Industries, ainsi que des entreprises industrielles de renom comme Arkema, Aubert & Duval, Constellium ou le fabricant d’imprimantes 3D Ceram Sinto.

Trois scènes
Le programme de conférences s’organise autour de trois axes et autant de scènes pour accueillir les orateurs : Industry Stage qui détaillera des retours d’expérience d’industriels ou évoquera, être autres, des problématiques telles que l’intelligence artificielle.
Application Stage proposera un focus sur les différents secteurs utilisateurs. À cet égard, la R&D représente plus de 20% des secteurs utilisateurs de la FA, suivie de la mécanique à 18,2%, de l’automobile à 8,5%, du médical à 7,7%. Bon dernier, mais en constante progression, le bâtiment représente actuellement 3,8% des débouchés pour la FA.
Dernière scène : Technology Stage sera l’occasion pour les exposants de détailler leurs produits, matériaux ou équipements. Ces trois scènes seront déployées durant les quatre jours du salon.

Les Trophées de la FA
Formnext 2024 fait évoluer le concept en proposant cette année ses trophées comprenant six catégories : Startup Award, avec le soutien de AM Ventures, Rookie Award, qui récompense un projet soutenu par de jeunes étudiants, Sustainability Award, qui récompense une initiative en faveur de l’environnement, avec le soutien du fabricant d’imprimantes 3D Renishaw, (R)Evolution Award, Ambassador Award, qui récompense des personnalités faisant avancer la cause de la FA, enfin le Design Award, avec le soutien du CIRP (Collège International pour la Recherche en Productique).

4D Pioneers, startup française sur tous les fronts
Parmi les exposants du salon, cette jeune startup est une spin-off de Centrale Lille, née en mars 2020, à l’initiative de Nicolas Gay et d’Ingrid Florentin. Elle est basée à Sainghin en Mélantois, près de Lille (Nord). Le premier, diplômé de Centrale Lille, est directeur du comité scientifique et technique de la société. Ingrid Florentin est docteure en génétique de formation, et s’est passionnée pour la FA et la technologie en général. Emmanuel Dunouvion a rejoint l’équipe. Il est diplômé des Arts& Métiers et possède une expérience de 25 ans dans l’industrie.
L’approche de 4D Pioneers est particulièrement originale : la société propose en effet un modèle d’imprimante 3D hybride, à la fois polymères et métaux, formule ses propres matériaux biosourcés et possède également une offre de services. Dans ce dernier cas de figure, 4D Pioneers peut produire à la demande des pièces industrielles.
Ce positionnement dans la production hybride s’appuie sur une micro-usine industrielle 3 axes brevetée, chauffée à 70 degrés C, et évolutive grâce au changement automatique d’outils. L’outil peut effectuer alternativement, de manière automatisée, l’impression et le post-traitement sur toutes les surfaces. Deux têtes d’extrusion (filament et granulés) peuvent extruder jusqu’à 500°C.
La société a déposé trois brevets pour les équipements, deux pour les matériaux. Elle travaille en partenariat avec le laboratoire PIM de l’Ecole des Arts & Métiers pour les matériaux biosourcés, élaborés sur une base chimique.
Elle met par ailleurs l’accent sur le recyclage : les granules de polymères peuvent par exemple être issus du broyage de pièces défectueuses, et permettent de produire à nouveau avec un niveau de finition optimal à moindre coût.
L’imprimante conçue par 4D Pioneers peut en effet adapter une broche d’usinage qui viendra, dans le cas d’une impression métal (SLS), parachever la pièce. Le tout en 5 heures, quand il en faut 9 avec une imprimante traditionnelle. Il existe deux tailles d’imprimantes, petite et grande. 4D Pioneers travaille pour l’heure essentiellement pour le ferroviaire, mais le potentiel est vaste, puisque seulement 0,1% des pièces détachées industrielles sont produites en 3D. Selon le Boston Consulting group, on devrait atteindre 1,5% d’ici à 2035, pour un chiffre d’affaires de 350 milliards de dollars. À ce jour, 4D Pioneers emploie 24 salariés dont 17 chercheurs, et espère mobiliser 4 à 5 millions d’euros lors de sa levée de fonds pour muscler les équipements et renforcer les effectifs commerciaux.