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La plateforme Printing Bourges s’enrichit du dépôt par friction malaxage

La plateforme de fabrication additive Printing Bourges, créée à l’initiative de MBDA, KNDS et du Cetim, vient d’accueillir une nouvelle machine de FA, seul exemplaire en Europe, basée sur la technologie AFSD.

La nouvelle machine de fabrication additive est basée sur la technologie AFSD (Additive friction stir deposition). Le procédé est sans fusion, contrairement à la fusion laser ou au dépôt sous énergie dirigée (DED). Le métal n'est donc pas fondu, ce qui autorise certaines nuances de matériaux, « du type alliages d’aluminium pour l’aéronautique » précise Matthieu Durand, du Cetim.
Un outil rotatif presse une matière première solide (généralement du fil ou du barreau) contre un substrat. La friction génère de la chaleur et provoque un flux plastique qui permet de déposer le matériau couche par couche. La machine permet de produire des pièces de grandes dimensions (1 m x 1 m x 0,6 m) au rythme de 10 kg de matière par heure, « ce qui est dix fois plus rapide que les procédés traditionnels de fabrication additive » souligne Matthieu Durand.

Moins de post-traitement
Sylvain Kahoun, de KNDS et responsable du projet transverse groupe sur la fabrication additive, ajoute : « en évitant la fusion, ce procédé réduit les coûts de post-traitement, notamment de traitement thermique des pièces pour obtenir les caractéristiques mécaniques voulues. Qui dit traitement thermique de grandes pièces dit four adapté, rareté des capacités de traitement, notamment. »
Autre avantage relevé par Florian Galliano, responsable de la fabrication additive pour MBDA : « le procédé fait appel à un matériau de base, des barres d’acier, plus simples à sourcer, à stocker et à transporter que du fil ou de la poudre. Pour autant, nous conservons le procédé soustractif. Il est plus simple d’enlever de la matière que d’en ajouter lorsque nous souhaitons obtenir un résultat très précis. Pour cette raison, nous produisons des pièces plus grosses que le besoin réel. »
De quoi intéresser fortement les industriels de l’énergie, de la défense ou de l’aéronautique. Le procédé réduit en effet le temps d’approvisionnement par rapport à la production conventionnelle (forge, fonderie ou usinage) ainsi que les pertes en matériaux.
« Cette technologie acquise grâce à la mutualisation des moyens permet en outre de s’assurer qu’il s’agit de la bonne technologie pour certains projets avant de passer à l’industrialisation » ajoute Matthieu Durand.

Quels moyens ?
La plateforme couvre l’ensemble des technologies existantes en FA : fusion laser sur lit de poudre (PBF-LB), dépôt de matière sous énergie concentrée (DED poudre), fabrication par arc électrique (WAAM) et le dernier venu, le dépôt par friction malaxage (AFSD) pour les matériaux sensibles au passage par la fusion. Le tout sur 2000 m2 de plateau technique animé par une équipe de 20 experts.

250 projets ont vu le jour
Printing Bourges est née en mai 2024 et réunit, outre les fondateurs, d’autres entreprises comme Hutchinson, le CEA, Roxel ou Naval Group. Elle dispose de machines de fabrication additive mais propose également du post-traitement, indispensable avec ces procédés. La plateforme fédère en outre 60 PME et acteurs académiques. Plus de 70% des sous-traitants sont impliqués et 250 projets ont pu voir le jour à fin 2025.