N°496 - Octobre 2025

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La révolution 3D passe aussi par la finition

La fabrication additive a déjà gagné ses lettres de noblesse : elle permet des géométries inédites, des allègements spectaculaires, une personnalisation unique des pièces. Mais si la prouesse technique impressionne, elle ne suffit pas. Trop souvent, la question de l’industrialisation se heurte à un obstacle apparemment secondaire : la finition. Rugosités, porosités, particules non fusionnées… autant de « détails » qui compromettent la fiabilité, la résistance et la qualification des pièces pour les secteurs les plus exigeants. Et ces détails déterminent, in fine, la crédibilité de la technologie elle-même.
Traditionnellement, les solutions reposent sur des post traitements intégrant traitements thermiques, procédés de polissage, traitements de surfaces ou reprises d’usinages qui constituent un parcours logistique efficace mais coûteux, contraignants et peu adaptés aux géométries internes complexes — justement celles où l’impression 3D excelle. En d’autres termes : l’innovation de conception se heurte à la limite de la finition.
C’est précisément sur ce point qu’émerge le procédé LiCS Coating® (Liquid Chemical Suspension Coating), développé par AML Innovation. Son principe : non pas enlever de la matière, mais en ajouter, sous forme d’un revêtement métallique déposé par suspension liquide puis consolidé par cycle thermique sous vide. 
Les bénéfices sont multiples : réduction drastique de la rugosité, colmatage des porosités, piégeage des particules, possibilité de fonctionnaliser les surfaces selon les besoins (conductivité, résistance à l’oxydation, durcissement). Les essais le confirment : un titane imprimé en 3D peut voir sa rugosité divisée par cinq et sa durée de vie en fatigue multipliée par trois.
Au-delà de la performance technique, cette innovation éclaire une perspective plus large : celle d’une chaîne de valeur optimisée. LiCS Coating® n’est pas seulement une solution de finition, c’est un levier de rupture technologique, de qualification, et de compétitivité. Pouvoir traiter des pièces complexes en mutualisant les opérations à réaliser (traitement thermique, amélioration de l’état de surface et fonctionnalisation, en une seule opération), c’est réduire l’empreinte environnementale tout en affirmant une autonomie industrielle. Dans un contexte où la maîtrise de technologies critiques conditionne la place de nos industries dans des secteurs critiques comme l’aéronautique, le spatial et la défense, chaque avancée de ce type est aussi un choix stratégique. Car l’enjeu de la fabrication additive ne se limite pas à savoir si l’on peut « imprimer » une pièce. Il s’agit de garantir sa fiabilité, sa durabilité, son intégration dans des systèmes exigeants. La fabrication additive ne se mesure pas qu’en microns de rugosité, elle se mesure aussi en opportunités et en perspectives.

Karim Boudehane, Rédacteur en chef

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