Profession

Aéronautique : les nouvelles technologies de production au service de l’efficacité ?

BECHERINI, Béatrice | 28 novembre 2018 |

Selon les données du Gifas, le secteur aéronautique français se porte mieux.


Cycles de tests incompressibles, mesures de sécurité exhaustives, procédures d’inspection, certifications… Complexe, le développement de produits dans le secteur aéronautique souffre du ralentissement de ses processus. Le nombre limité de personnel technique qualifié et les difficultés à adopter et implémenter les nouvelles technologies de fabrication ne fait que les ralentir davantage.

Mais la bonne nouvelle, c’est que le secteur aéronautique français se porte mieux : d’après les données du Groupement des Industries Françaises Aéronautiques et Spatiales (Gifas), son chiffre d’affaires a atteint la barre des 64 milliards d’euros (+6 %) en 2017, soit un quasi doublement par rapport à 2010. Par conséquent, il lui a été possible de recruter 12 000 personnes en 2017, sur un effectif global de 190 000 personnes, représentant 2 000 créations nettes d’emplois. Une dynamique qui est cependant portée par les grands groupes de l’aviation commerciale et de la défense : Airbus, Dassault, Safran ou encore Thales.

Qu’en est-il des équipementiers et des PME ? Ils ne peuvent malheureusement pas se vanter de bénéficier du même essor et apparaissent sous-équipés. Toujours d’après le Gifas, après des années de fortes embauches entre 2012 et 2014, leurs effectifs tournent au ralenti depuis 2015. Cet effet visible devrait perdurer si les problèmes structurels autour de la formation des futurs ingénieurs ne sont pas résolus à l’avenir. Il pourrait également poser un réel problème pour leur activité à venir, les entreprises d’ingénierie qui rencontrent des difficultés à recruter subissent en effet des retards dans le développement de nouveaux produits.

Pour rester dans la course, ces acteurs doivent investir continuellement dans les processus de fabrication numérique. La fabrication additive est une technologie très prometteuse pour le secteur aéronautique. Elle séduit des personnels qualifiés et présente des avantages très attractifs. Grâce à elle, les développeurs de produits ont désormais la possibilité de recevoir sans délai des prototypes pour faire des présentations et procéder à des tests d’assemblage. Les fabricants peuvent même leur fournir des prototypes de qualité proche d’une pièce de production, permettant de réaliser des tests en situation réelle.

S’il ne se passe pas un jour sans que les médias en parlent, les atouts de la fabrication additive devraient pourtant sembler bien plus attractifs pour le secteur aéronautique qu’ils ne le sont aujourd’hui. La filière pâtit en effet d’exigences extrêmement fluctuantes, ce qui résulte en un éparpillement des commandes auprès de différents fournisseurs. Les entreprises aéronautiques doivent donc réussir à passer de la production éparse de pièces à une production intégrale, faute de quoi elles ne profiteront pas de l’efficacité de ces nouvelles méthodes de fabrication.

Dès lors, pour rendre le développement de produits plus efficace, le secteur aéronautique doit absolument résoudre le problème du recrutement et adopter les techniques de fabrication modernes, créant ainsi un lien fournisseur/client inédit. Au vu de la complexité de la chaîne d’approvisionnement, c’est là que se situe la valeur ajoutée potentielle tant espérée. Pour tisser des liens étroits, le rapport de confiance doit être total. Si les acteurs de l’industrie aéronautique sont capables de prouver leur ouverture à ce type de collaboration moderne, ils percevront la valeur ajoutée attendue sous la forme d’un gain d’efficacité et de rendement, d’allégement des coûts et d’une accélération des processus métier.



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